exposition Diane Victor

Exposition de Diane Victor

Du 2 avril au 31 mai 2026, Diane Victor, lauréate de l’édition 2025 du Prix de Gravure Mario Avati - Académie des beaux-arts, présentera une sélection des œuvres les plus emblématiques de sa carrière en estampe, au Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts.

 

 

Diane Victor

Née en 1964 à Witbank en Afrique du Sud, Diane Victor est une artiste sud-africaine majeure, encore peu connue en France, dont la carrière est entièrement dédiée au dessin et à l’estampe. Depuis plus de quarante ans, elle repousse les limites de la gravure. Diplômée de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg en 1986, elle séjourne entre 1988 et 1989 à la Cité internationale des Arts à Paris et représente en 2015 l’Afrique du Sud à la Biennale de Venise. Son œuvre dense et engagée explore la fragilité humaine ainsi que la violence sociale et politique, transformant le noir en matière expressive. Elle y évoque les réalités sociales et politiques de son pays natal, marquées par les séquelles de l’apartheid, les violences systémiques, l’injustice et les tensions identitaires. Son travail se caractérise par une grande maîtrise du trait, nourrie par une tradition figurative classique, qu’elle confronte à des matériaux contemporains et éphémères tels que la suie et les cendres. Ses œuvres figurent dans les collections du Museum of Modern Art et du Metropolitan Museum of Art de New York, du Victoria & Albert Museum de Londres, de la Bibliothèque nationale de France et d’autres institutions majeures sud-africaines. Basée à Johannesburg, elle entretient des liens étroits avec la France, notamment à travers sa collaboration avec l’Atelier Le Grand Village en Charente, atelier de lithographie sur pierre dirigé par Francis van der Riet. Artiste et pédagogue, elle poursuit une pratique alliant maîtrise technique et inventivité.

Diane Victor oeuvres
A gauche : Dress (Triptyque Trinity Fetish), eau-forte, aquatinte, manière noire et gaufrage, 2002, 158 x 85 cm, photo © Ben Skinner ; à droite : Taken For a Ride, manière noire lithographique, 2019 108 x 78 cm, Éditeur Atelier le Grand Village, Image courtoisie de l’Atelier le Grand Village»


Souvent complexes, les images de Diane Victor, où le sacré se mélange au profane, usent d’un trait qui concilie précision et expressivité. Elles empruntent à des sources multiples : paraboles bibliques, mythes fondateurs, allégories, cultures traditionnelles, mise en scène de soi, images d’actualité, choses vues, citations d’artistes du passé… Nombre de personnages sont représentés ployant sous un fardeau, une charge qui symbolise le poids de l’oppression, du patriarcat ou de la religion. À leurs pieds apparaissent des paysages, fréquemment livrés aux flammes, comme les ruines d’un paradis perdu. D’autres s’habillent de peaux de bêtes, sans que l’on puisse toujours démêler s’ils se cachent, se protègent, se déguisent, ou révèlent de cette manière leur férocité, leur bestialité (Diane Victor n’ignorant pas non plus la dimension érotique de la fourrure, que célébra Sacher-Masoch).[...] Dérangeantes et fascinantes, les œuvres de Diane Victor sont de celles qui ne laissent pas le spectateur en repos.

Thierry Groensteen
correspondant de la section de gravure et dessin de l’Académie
 

œuvres de Diane Victor
A gauche : The Boy Who Cried Wolf, (Première lithographie du triptyque « The Holy Masquerade »), 108x78 cm, 2019 ; à droite : The Girl Who Started the Trouble (Troisième lithographie du triptyque « The Holy Masquerade »), 108x78 cm, 2022. Éditeur Atelier le Grand Village, Image courtoisie de l’Atelier le Grand Village

 

Le Prix de Gravure Mario Avati - Académie des beaux-arts : un prix pour encourager la gravure contemporaine

Créé en 2012 en hommage au graveur Mario Avati grâce à la donation d’Helen et Mario Avati, sous l’égide de l’Académie des beaux-arts et le parrainage de CAFAmerica, le Prix a pour vocation d’encourager les artistes qui, par la qualité de leur œuvre, contribuent à faire progresser l’art de l’estampe, à laquelle Mario Avati a consacré sa vie. Il s’agit d’une distinction majeure dans cette discipline aujourd’hui.  Il récompense un artiste confirmé, de toute nationalité, pour son œuvre gravé, quelle que soit la technique d’impression utilisée. Biennal depuis 2021, il est doté d’un montant de 40 000 $ américains.

Cette exposition marque la 10ème édition de ce Prix qui a précédemment distingué les artistes Jean-Baptiste Sécheret (France) en 2013, Christiane Baumgartner (Allemagne) en 2014, Devorah Boxer (Etats-Unis) en 2015, Agathe May (France) en 2016, Wendelien Schönfeld (Pays-Bas) en 2017, Jan Vičar (République tchèque) en 2018, Jenny Robinson (Royaume-Uni) en 2019, Mireille Baltar (France) et Siemen Dijkstra (Pays-Bas) en 2021, Ade Adesina (Royaume-Uni) en 2023 et Diane Victor (Afrique du Sud) en 2025.
 

Informations pratiques

Pavillon Comtesse de Caen
27 quai de Conti, Paris VIe
du mardi au dimanche - de 11 heures à 18 heures
entrée libre et gratuite