La peinture en scène - Olivier Debré
18 juin - 27 septembre 2026
Pavillon Comtesse de Caen, 27 quai de Conti, Paris VIe
Entrée gratuite - du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Fermeture du 4 au 16 août inclus
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L’Académie des beaux-arts rend hommage à Olivier Debré (1920-1999), qui fut membre de la section de peinture de l’Académie (élu le 17 mars 1999 au fauteuil de Georges Cheyssial), et figure majeure de l’abstraction lyrique. Cette exposition est la première rétrospective parisienne consacrée à Olivier Debré depuis 20 ans. La précédente, intitulée Olivier Debré, avait été présentée au Centre Pompidou en 2003.
29/05/2026
Tout au long de sa carrière, Olivier Debré a répondu à de nombreuses commandes publiques, principalement réalisées dans le cadre du dispositif du 1 % artistique. Ces projets lui ont permis de concevoir des œuvres de très grand format, parfois monumentales, intégrées à de nouveaux programmes architecturaux.
Réunissant une quarantaine de maquettes et d’esquisses préparatoires, l’exposition met en lumière la création de trois des quatre rideaux de scène réalisés par l’artiste : celui du théâtre de la Comédie-Française à Paris (1987), de l’opéra de Hong Kong (1989) et de l’opéra de Shanghai (1998). À travers ces œuvres rarement réunies, le parcours de l’exposition révèle les spécificités de chacune de ces réalisations ainsi que l’univers sensible qu’Olivier Debré a souhaité insuffler à travers des recherches chromatiques et gestuelles particulièrement riches et variées.
Ce pan de sa création témoigne d’un travail aux dimensions exceptionnelles, impliquant de nombreux défis techniques et un important processus de réflexion, aujourd’hui retracé grâce à l’étude de multiples études préparatoires.
Présentée une première fois en 2025 au Centre de création contemporaine Olivier Debré (CCC OD, Tours, (www.cccod.fr) dans une version différente, l’exposition est ici repensée pour les espaces du Pavillon Comtesse de Caen. Cette itinérance partielle au Pavillon Comtesse de Caen a été rendue possible grâce à la proposition de Patrice Debré, président du CCC OD.
Le commissariat de l’exposition est assuré par Marine Rochard, docteure en histoire de l’art contemporain et spécialiste de l’abstraction internationale d’après-guerre (1940-1970). Commissaire d’expositions et chargée de la recherche au CCC OD, elle travaille notamment au catalogue raisonné des peintures d’Olivier Debré, en collaboration avec les ayants droit de l’artiste.
Deux évènements en parallèle de l'exposition
Une journée d’études intitulée Autour d’Olivier Debré. Arts plastiques et Arts scéniques est organisée le 12 septembre 2026 à la BnF-Site Richelieu.
Coordonnée par Kenza Jernite, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle, Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle de la BnF, et Patrice Debré, cette journée d’études entend revenir sur les liens qu’Olivier Debré a entretenus avec le monde de la scène et ouvrir le sujet en interrogeant les relations entre arts plastiques, théâtre, danse et opéra aux XXe et XXIe siècles, fécondes mais pas exemptes de malentendus ou de frictions. Elle est organisée en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, l’Académie des beaux-arts, la Comédie-Française, le Théâtre de la Ville, l’Université Sorbonne Nouvelle et le Centre de création contemporaine Olivier Debré.
En écho à cette programmation, le Théâtre de la Ville - Les Abbesses accueillera, le 13 septembre 2026, Autour d’Olivier Debré. Regards sur la peinture et la scène, une lecture de textes d’Antonin Artaud, Georges Banu, Samuel Beckett, Michel Butor et Valère Novarina, entre autres.
Olivier Debré
Né à Paris en 1920, Olivier Debré (1920–1999) peint et dessine dès l’enfance, puis s’oriente vers une carrière d’architecte. En 1938, il entre aux Beaux-Arts de Paris dans la section architecture. Il décide cependant de se consacrer à la peinture dès le début des années 1940. Son expression picturale, inspirée au départ de l’impressionnisme, évoluera vers des compositions plus aérées aux larges surfaces colorées, faisant d’Olivier Debré l’un des représentants de l’abstraction gestuelle. En 1941, il présente pour la première fois quelques toiles dans la galerie parisienne de Georges Aubry.
Au cours des années 1940, le jeune artiste appréhende le tableau de façon plus structurée : ses compositions construites, anguleuses et rythmiques s’éloignent d’un langage pleinement réaliste pour se tourner vers l’abstraction. Dans les années 1950, il élabore le vocabulaire plastique des Signes personnages, silhouettes humaines stylisées qui témoignent des bouleversements de l’après-guerre. A la fin de cette décennie, l’artiste présente sa première exposition personnelle, en 1959, à la Knoedler Gallery à New York.
En 1966, l’artiste se voit offrir une première rétrospective dans une institution française : Olivier Debré. Peintures 1943-1966, présentée au musée des Beaux-Arts du Havre. Suite à cette exposition, Olivier Debré est sollicité de plus en plus régulièrement afin de réaliser des compositions monumentales et de grands décors architecturaux parmi lesquelles une œuvre monumentale pour le Pavillon français de l’Exposition universelle de Montréal en 1967, ainsi que des décors intégrés à plusieurs projets architecturaux en France et à l’étranger. Nommé professeur aux Beaux-Arts de Paris en 1979, il poursuit parallèlement une œuvre de plus en plus ample, caractérisée par des formats spectaculaires et des transparences colorées obtenues grâce à des coulures de peinture librement répandues sur la toile.
En 1987, grâce à une commande publique initiée en 1985 par Jack Lang, alors Ministre de la Culture, l’artiste réalise le nouveau rideau de scène de la Comédie-Française. Il concevra ensuite les rideaux des opéras de Hong Kong et de Shanghai, confirmant son rayonnement international.
Au cours de cette décennie, il continue de répondre à des commandes publiques et privées de grande ampleur, la plus marquante d’entre elles étant sans doute celle consacrée au ballet Signes. Pour ce ballet de la chorégraphe Carolyn Carlson, aujourd’hui membre de l’Académie des beaux-arts il crée tous les décors et les costumes ; le spectacle est lui-même structuré en sept tableaux, chacun d’entre eux conçu à partir d’une œuvre picturale. Présenté pour la première fois à l’Opéra Bastille (Paris) en 1997, il est ensuite rejoué plusieurs fois, le plus récemment en 2023.
L’artiste s’éteint à Paris le 1er juin 1999, alors qu’il venait d’être élu cette même année (le 17 mars 1999) membre de la section de peinture de l’Académie des beaux-arts.