Grâce à la générosité de Louis Dufraine, l’Académie des beaux-arts possède depuis 1937 la Villa Dufraine, située dans le village de Chars (Val d’Oise), qu’elle a dédiée depuis les années 1950 à l’accueil d’artistes en résidence. En 2022, elle a supervisé une rénovation complète de la propriété dans le but d’accueillir dans les meilleures conditions les artistes d’aujourd’hui.
Jean-Michel Othoniel, directeur de la Villa Dufraine depuis le 22 septembre 2021, a souhaité proposer pour ce lieu un modèle de résidence inédit. Depuis 2023, l’Académie met chaque année à la disposition d’un groupe de jeunes artistes, accompagnés par un curateur ou une curatrice, un lieu de vie et de travail ainsi que des moyens financiers, techniques et humains leur permettant de développer leur travail de création dans un cadre privilégié, autour d’un projet commun d’exposition, et de vivre une première expérience de résidence. Jean-Michel Othoniel est secondé dans sa mission par Françoise Docquiert, correspondante de l'Académie des beaux-arts, nommée coordinatrice de la Villa Dufraine depuis octobre 2025.
Le jury, réuni les 2 et 10 février 2026, était composé de Valérie Belin, Adrien Goetz, Eva Jospin, Jean-Michel Othoniel, Laurent Petitgirard, Françoise Docquiert, Béatrice Salmon, Xavier Rey (représenté par Alicia Knock), et Noëlle Tissier.
Le jury a retenu le projet présenté par Valentina Ulisse et les 10 artistes qu’elle a réunis, intitulé Boccaccesco. La résidence se déroulera du 1er avril au 30 novembre 2026, et donnera lieu à une exposition à Paris du 16 octobre au 21 novembre 2026.
12/03/2026
Présentation du collectif et du projet Boccaccesco retenus pour 2026
Le collectif, réuni autour de Valentina Ulisse, curatrice et commissaire de l’exposition, est composé de 10 artistes : Yannis Briki, Sacha Collin Rivière, Lucie Drazek, Heloïse Farago, Lina Filipovich, Maïlys Moanda, Liselor Perez, Giancarlo Pirelli, Berni*e Poikāne et Nicolas Quiriconi.
Le projet collectif Boccaccesco s’inspire du Décaméron de Giovanni Boccaccio, chef-d’œuvre de la littérature italienne du XIVᵉ siècle. En 1348, une épidémie de peste ravage Florence. Dix jeunes nobles échappent à la mort et à « l’abrutissement » de leur époque en se retirant sur les collines de Fiesole, au nord de la capitale toscane. Pendant plusieurs jours, ils y vivent au rythme de la brigata, entre distractions champêtres et joyeuses conversations. Chaque jour, ils se racontent des nouvelles : dix récits pour dix journées, soit un total de cent histoires, composent le Décaméron.
Pendant 8 mois, la résidence sera à la fois un temps de création et de recherche collective, laboratoire où se tissent et se réécrivent des récits modernes, en liberté, loin des normes et codes imposés par la société. Cette « fabrique » de contes contemporains entend prolonger l’esprit du Décaméron en questionnant notre monde à travers l’art de raconter des histoires.
L’exposition finale proposera une scénographie immersive, un univers narratif partagé, des fables à l’envers et une esthétique surréaliste, mêlant humour, ironie et poésie. Le projet visera à réinterroger les normes sociales et de genre, tout en créant une expérience artistique plurielle et participative pour le public.
Parallèlement au projet d’exposition porté par le collectif, les ateliers de gravure et composition musicale reçoivent également des résidents.
Atelier de gravure
L’atelier de gravure de la Villa Dufraine accueillera cette année un artiste cubain, Alejandro Cañer Labrada pour une période de 7 mois à partir du 4 mai 2026. Artiste résidant et travaillant actuellement à La Havane, il navigue entre divers supports et formats, tels que l’art numérique, la vidéo, la performance et l’installation. Son oeuvre explore les thèmes de l’identité queer, la propagande, l’érotisme urbain, la mode et la culture pop. Il y tisse un délicat réseau de commentaires sur les contextes politiques et culturels qui déterminent la façon dont l’art est reçu et interprété dans la société actuelle.
Atelier de composition musicale
L’atelier de composition musicale accueillera la compositrice coréenne Ehwa Hong pour une résidence de 8 mois à compter du 1er avril 2026. Née en 1995, Ehwa Hong vit et travaille en France. Titulaire d’un master en composition mixte du Conservatoire de Lyon, elle considère la musique comme une démarche philosophique, mêlant introspection et questionnement sur l’existence. Percussionniste et compositrice, elle explore la composition et l’interprétation comme deux axes complémentaires, traduisant en musique pensées et émotions humaines. Elle a le projet de mettre à profit la réisdence pour finaliser une oeuvre orchestrale en collaboration avec l’Orchestre de chambre de Paris.