Antonio Canova

Associés étrangers
Fauteuil I
Élu(e) le
Né(e) à
Possagno
Le
Date de décès

Antonio Canova (1757-1822) est un sculpteur néoclassique italien, ayant vécu à la charnière des XVIIIe et XIXe siècle. Né en 1757 en Vénétie, il grandit dans un milieu modeste et bénéficie de l’éducation d’un grand-père tailleur. Dès son adolescence, son talent exceptionnel se manifeste, attirant l’attention et les commandes de mécènes locaux.

À 15 ans, Canova est envoyé à Venise, où il étudie à l’Académie des beaux-arts. Ses premières œuvres révèlent déjà une maîtrise technique et une élégance qui deviendront sa signature. Etudiant l’Antiquité et puisant dans le corpus des artistes de la Renaissance, le jeune Canova se forge une solide culture artistique. Sa réputation est grandissante dès lors qu’il ouvre son propre atelier.

En 1799, il s’établit à Rome où il se forge une réputation internationale. Influencé par le regain d’intérêt pour l’Antiquité, quelques années après les premières fouilles d’Herculanum et Pompéi, il se laisse séduire par la redécouverte de l’art grec et romain. Partant toujours d’une observation fine de la nature, Canova cherche à épurer les contours et les lignes pour atteindre le Beau idéal, à la manière des Anciens. D’où le recours régulier au nu héroïque et à un rendu lisse du marbre. L’utilisation de marbres de Carrare, le plus réputé, lui permet aussi de montrer toute sa virtuosité technique et son talent. Ses sculptures de la maturité mêlent idéalisation classique et émotion contenue, comme sa célèbre Psyché ranimée par le baiser de l’Amour (1793), chef-d’œuvre célébré pour sa délicatesse et son équilibre.

Canova travaille dès lors pour des commanditaires prestigieux dans toute l’Europe, des Habsbourg au pape en passant bien sûr par la France napoléonienne. Ses portraits de l’empereur et de sa famille, comme la colossale statue de Napoléon en Mars pacificateur (1803-1806), illustrent son habileté à magnifier ses sujets tout en respectant les règles néoclassiques. Il excelle également dans les monuments funéraires, comme celui de Marie-Christine d’Autriche (1805) où il explore le pathos et le rapport à la mort avec génie. Surnommé le « nouveau Phidias », Canova participe activement à la restauration de l’antique grec au sein des écoles européennes. Avec le sculpteur danois Thorvaldsen, il demeure ainsi le grand nom du néoclassicisme en sculpture.

En 1802, il est appelé en France par le Premier consul Bonaparte. Ses portraits de l’empereur et de sa famille, comme la colossale statue de Napoléon en Mars pacificateur (1803-1806) et Pauline Borghèse en Vénus Victrix (1808) attestent de ce lien. Il reste en France jusqu’à la chute de l’Empire en 1815, date à laquelle il change de camp puisqu’il est chargé de la restitution des œuvres italiennes récupérées lors des campagnes impériales. Malgré son succès européen, Canova reste attaché à sa terre natale et s’établit de nouveau en Italie. Artiste prolifique, il meurt en 1822 à Venise, laissant un legs artistique immense. Son style, alliant rigueur classique et expressivité, a influencé des générations de sculpteurs, faisant de lui une figure centrale du néoclassicisme.