Arthur Honegger

Associés étrangers
Fauteuil VI
Élu(e) le
Né(e) à
Havre
Le
Date de décès

Arthur Honegger (1892-1955) est un compositeur du XXe siècle. Né au Havre en 1892 dans une famille de Suisses immigrés, il commence par étudier le violon et la composition. Inscrit au conservatoire de Zurich puis à celui de Paris, il y fait la rencontre de Darius Milhaud. Il retourne en Suisse en 1913 et y effectue son service militaire en pleine guerre avant de reprendre les cours de composition, cette fois dans la classe de l’organiste Widor. Il découvre alors la musique de Debussy et Fauré qui marqueront son style.

Récompensé à sa sortie du conservatoire, il se lie d’amitié avec tous les cercles d’avant-garde du Paris des années 20 : Apollinaire, Picasso, Satie, Jacob, etc… L’un de ses premiers succès, Six Poèmes, est ainsi une reprise musicale de poèmes d’Apollinaire. A partir de janvier 1920, il rejoint le célèbre « Groupe des Six », à l’initiative de Jean Cocteau, avec Darius Milhaud, Louis Durey, Georges Auric, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Avec ses pairs, il partage une même réaction contre le romantisme au profit d’une musique plus directe et moderne, influencée par le jazz, le monde du cirque et le music-hall. Il prend néanmoins rapidement ses distances vis-à-vis du groupe, revenant à une certaine forme de tradition et à une rigueur expressive.

En 1924, il compose Le Roi David, assez classique, et Pacific 231, une œuvre bruitiste et moderne qui s’inspire de l’action d’une locomotive à vapeur. Comme Ravel, Honegger développe un goût prononcé pour les rythmes mécaniques et les sonorités puissantes. Reconnu et apprécié par la critique, il ne cessera de composer selon ses critères de création et de liberté. Ainsi, à chaque œuvre classique, comme Judith en 1925, répond une œuvre d’avant-garde, à l’image d’Antigone en 1927.  En 1938, son opéra Jeanne d’Arc au bûcher, sur un livret de Paul Claudel, accroit son succès.

Distancié des compositeurs les plus révolutionnaires de son temps, Honegger est un artiste polymorphe. Cherchant son inspiration dans les machines et le sport, il ne s’arrête pas à la seule composition musicale et s’essaie au théâtre, au cinéma et à la radio. Ami de Claudel et Valéry, il cherche sans cesse à fuir les mouvements bien définis. Son style intègre des éléments polytonaux et des rythmes complexes. Sa fascination pour les machines et la modernité transparaît tandis que sa sensibilité humaniste s’exprime dans des compositions plus introspectives, marquées par les bouleversements de son époque, notamment les deux guerres mondiales.

Sous l’Occupation, il reste à Paris et défend la musique française comme critique musical pour le journal Comoedia. Atteint par des problèmes cardiaques au sortir de la guerre, il maintient néanmoins ses tournées à travers le monde. Revenu à des œuvres plus simples, il lègue au monde de la musique une dernière symphonie, la n°5. Elu à l’Académie des beaux-arts en 1952, il décède à Paris trois ans plus tard.