Camille Saint-Saëns

Composition musicale
Fauteuil V
Élu(e) le
Prédécesseur
Né(e) à
Paris
Le
Date de décès
Camille Saint-Saëns

Camille Saint-Saëns (1835-1921) est un compositeur français du XIXe siècle. Né en 1835 à Paris, il montre très jeune des aptitudes musicales exceptionnelles. Formé par des professeurs de renom, l’enfant prodige entre au Conservatoire de Paris à l’âge de treize ans, en 1848. Même s’il échoue par deux fois aux prix de Rome, il se voit distingué de nombreuses récompenses. A dix-huit ans, il compose sa première symphonie.

Organiste de talent, il commence par occuper, dès 1857 et jusqu’en 1877, le poste d’organiste en titre de la Madeleine. Sa virtuosité et son style, déjà bien particulier, impressionnent les plus grands, dont Franz Liszt venu l’écouter. De 1861 à 1865, il enseigne le piano, comptant Fauré et Messager parmi ses élèves. Après un nouvel échec au prix de Rome en 1863, il compose ses premières œuvres majeures, teintées de romantisme. Parmi ses créations les plus célèbres figurent la Symphonie n° 3 "avec orgue" et le Carnaval des animaux en 1886 ainsi que l’opéra Samson et Dalila en 1877.

Saint-Saëns est aussi un pionnier dans l’introduction de la musique symphonique en France, à une époque largement dominée par le genre de l’opéra. Ses concertos pour piano, notamment le n° 2 et le n° 5, dit "L’Égyptien", et pour violon, comme le n° 3, deviennent ainsi des piliers du répertoire. Il explore également la musique de chambre et les pièces pour orgue.

En tant que figure intellectuelle, il s’engage dans la vie musicale française, cofondant la Société Nationale de Musique avec Fauré, Franck et Lalo en 1871 pour promouvoir la musique contemporaine française. Érudit, ami de Bizet, Berlioz, Rossini et Doré, il s’intéresse à la littérature, à l’astronomie et aux voyages, notamment à l’Afrique du Nord, se passionnant pour l’Algérie. Autant d’influences qui se retrouvent dans ses œuvres. Malgré son succès, il reste conservateur face aux innovations de jeunes compositeurs, notamment étrangers, préférant un style plus traditionnel et nationaliste. En 1878, son Requiem entre dans le répertoire des grands classiques du genre.

À la fin de sa vie, Saint-Saëns continue de composer et de se produire, voyageant en Europe, en Amérique du Sud, en Asie, et en Russie. Elu à l’Académie des beaux-arts en 1881, il en devient le président en 1901. L’âge avançant, Saint-Saëns rompt avec la Société nationale de musique qu’il a cofondée du fait que cette dernière autorise qu’on joue la musique de compositeurs étrangers. Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il plaide ainsi pour le bannissement de la musique allemande, s’opposant ainsi à la pensée universelle de Ravel. Après de nouvelles tournées triomphales à l’international, il meurt le 16 décembre 1921 à Alger. Son héritage artistique perdure jusqu’à aujourd’hui, aussi divers qu’expressif, en faisant l’un des compositeurs français les plus joués au monde.