Darius Milhaud
Darius Milhaud (1892-1974) est un compositeur français du XXe siècle, connu pour son style éclectique et son appartenance au célèbre groupe des Six. Né en 1892 à Marseille dans une famille juive, il grandit à Aix-en-Provence dans une famille de mélomanes. Dès son plus jeune âge, il montre un talent précoce pour la musique et la composition.
En 1909, il monte à la capitale et entre au Conservatoire de Paris où il étudie notamment dans la classe de l’organiste Charles-Marie Widor et du compositeur Paul Dukas. A cette époque, il se lie d’amitié avec Arthur Honegger, Francis Jammes et Paul Claudel. Milhaud développe un style personnel marqué par l’audace harmonique et rythmique.
La Première Guerre mondiale interrompant ses études, non mobilisé pour raisons de santé, Milhaud devient secrétaire de Paul Claudel, alors ambassadeur de France à Rio de Janeiro entre 1917 et 1918. Ce séjour au Brésil marque profondément son œuvre. Là-bas, il découvre les rythmes et sonorités de la musique populaire et en imprègne certaines de ses pièces comme Saudades do Brasil. De retour en France, il rejoint le groupe des Six, un collectif de jeunes compositeurs (avec Poulenc, Honegger, Auric, Durey et Tailleferre) qui rejettent la veine wagnérienne et debussyste au profit d’une musique plus directe et moderne, influencée par le jazz, le monde du cirque et le music-hall.
Dans les années 1920, Milhaud compose certaines de ses œuvres les plus célèbres, comme le ballet Le Bœuf sur le toit en 1919, inspiré par le jazz et les rythmes sud-américains, et La Création du monde en 1923, un ballet qui intègre des éléments de jazz. Sa fascination pour la polytonalité – l’utilisation simultanée de plusieurs tonalités –, bien que parfois controversée, devient une signature de son style.
Avec l’occupation nazie, Milhaud, est contraint de fuir la France en 1940 en raison de sa judéité et de son art, considéré comme « dégénéré ». Il s’installe alors aux États-Unis, où il se fait enseignant. Malgré l’exil, son œuvre reste prolifique. Après la guerre, il partage sa vie entre la France et les États-Unis, enseignant au Conservatoire de Paris et continuant à composer jusqu’à sa mort. Georges Delerue, Steve Reich ou encore Philip Glass furent de ses élèves.
Atteint de polyarthrite rhumatoïde dès les années 1930, Milhaud compose dans les dernières années de sa vie depuis un fauteuil roulant. Elu en 1972 à l’Académie des beaux-arts, au fauteuil de l’organiste Marcel Dupré, il meurt le 22 juin 1974 à Genève. Son catalogue, qui comprend plus de 400 œuvres (opéras, ballets, symphonies, musique de chambre, pièces pour piano), témoigne de la richesse de ses influences ainsi que du caractère foisonnant de son écriture.