Dmitri Chostakovitch

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Saint-Pétersbourg
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Date de décès
Dmitri Chostakovitch

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) est un compositeur russe du XXe siècle. Né en 1906 à Saint-Pétersbourg, il commence l’étude du piano à l’âge de neuf ans. Entré au conservatoire de Leningrad en 1919, il compose sa première symphonie à 19 ans. Propulsé sur la scène internationale, il est présenté par la jeune URSS comme un prodige de la musique soviétique.

Dans les années 1920 et 1930, sa musique est marquée par de nombreuses expérimentations. Influencé par la modernité d’artistes comme Stravinsky et Prokofiev, il compose des œuvres audacieuses telles que la Symphonie n°2 en 1927 qui intègre des éléments avant-gardistes. Cependant, son style provocateur attire les foudres du régime stalinien. Ainsi, en 1936, son opéra Lady Macbeth de Mtsensk est dénoncé dans un article de la Pravda. Cette critique d’une musique trop abstraite et élitiste, probablement orchestrée par Staline, marque un tournant, Chostakovitch étant interdit sur toutes les scènes de l’URSS. Craignant pour sa vie, il se retire quelques temps et répond à la critique avec sa Symphonie n°5. Cette œuvre majeure restaure la réputation du compositeur et lui permet de regagner les faveurs officielles.

De 1937 à 1941, il enseigne au Conservatoire de Leningrad. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Chostakovitch gagne une stature héroïque avec sa Symphonie n°7 à l’honneur de la ville de Leningrad assiégée et devenue un symbole de la résistance soviétique. Cette symphonie triomphale est jouée dans le monde entier comme signe de la victoire à venir. Auréolé de prix, Chostakovitch s’installe à Moscou où il continue d’enseigner. Cependant, dès 1948, il est à nouveau ciblé par la campagne du « réalisme socialiste » de Jdanov, qui condamne son style et celui d’autres compositeurs. Chostakovitch doit alors composer des œuvres plus « officielles ».

Dans les années 1950, après la mort de Staline, Chostakovitch bénéficie d’une relative liberté artistique. Enchainant les prix et les hommages, il finit par adhérer au Parti communiste en 1960 avant d’être élu Premier secrétaire de la très officielle Union des Compositeurs. Malgré une maladie neurologique dégénérative, il continue de composer, produisant des œuvres plus introspectives comme la Symphonie n°14, véritable méditation sur la mort, et le Quatuor n°15.

Elu à l’Académie des beaux-arts en 1974, au fauteuil du roi Gustave VI de Suède, Chostakovitch meurt en 1975 à Moscou. Son œuvre, marquée par un équilibre entre conformisme forcé et subversion subtile, reste continue d’être jouée dans le monde entier. Ses symphonies, quatuors et opéras, entre censure et créativité, incarnent finalement les tensions intérieures d’un artiste face à un pouvoir oppressif.

crédit photo : Roger & Renate Rössing - Deutsche Fotothek