Henri Labrouste
Henri Labrouste (1801-1875) est un architecte français du XIXe siècle. Né en 1801 dans une famille bourgeoise de Bordeaux, le jeune Labrouste montre très tôt un goût prononcé pour le dessin. Entré à l’Ecole des beaux-arts en 1819, il est prix de Rome en 1824. Pensionnaire de la villa Médicis de 1825 à 1830, il se lie d’amitié avec l’architecte Duban. Ses célèbres relevés du temple de Paestum, résolument modernes, remettent alors en question les dogmes académiques et suscitent de nombreux débats. Soutenu par Horace Vernet, alors directeur de la Villa, Labrouste bénéficie à son retour du projet de rénovation de l’Ecole des beaux-arts. Bien que son projet ne soit pas retenu, il ouvre dans le voisinage un atelier libre où il forme de nombreux élèves. Comme une touche de revanche, cet échec ne l’empêche pas d’être élu à l’Académie des beaux-arts en 1867.
Labrouste est resté célèbre pour ses deux grands projets parisiens que furent la Bibliothèque Sainte-Geneviève, près du Panthéon, et la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu. Les historiens rangent ainsi Labrouste dans la catégorie des architectes dits fonctionnalistes pour qui les bâtiments devaient avant tout être adaptés à leur usage et fonction. A la bibliothèque Sainte-Geneviève, inaugurée en 1851, Labrouste imagine une immense salle de lecture traversée par des colonnes de fonte. Un ensemble sobre et fonctionnel et ancré dans la modernité en raison de l’aménagement d’une charpente en fonte. Véritable cathédrale du savoir, la façade est ornée de 810 noms d’hommes illustres.
A la Bibliothèque nationale, on lui doit l’immense salle de lecture, toujours avec des colonnes de fonte, auréolée de coupoles de céramique blanche. Ce projet, alliant technologie et ornementation, confirme son génie pour intégrer des matériaux industriels à une esthétique raffinée. Autant d’exemples d’architectures rationnelles où la structure est mise en valeur. L’usage du fer, du verre et d’un éclairage zénithal créé des espaces fonctionnels et lumineux, préfigurant l’architecture moderne.
Labrouste meurt en 1875 après une fin de carrière plus en demi-teinte. Ses idées rationalistes ont inspiré les architectes modernes tels que Le Corbusier. Malgré une carrière marquée par des conflits avec l’administration publique, son legs perdure dans l’évolution de l’architecture publique.