William Bouguereau
William Bouguereau (1825-1905) est l’un des chefs de file du mouvement académique en France. Né dans une famille bourgeoise de La Rochelle, il montre très tôt des aptitudes remarquées pour le dessin. Après ses études secondaires, il est contraint de travailler pour l’entreprise familiale mais son talent artistique persuade son père de l’inscrire aux beaux-arts de Bordeaux. Ses parents ne disposant pas de moyens suffisants pour le faire monter à Paris, il est contraint d’exécuter des portraits de notables locaux afin de récolter une somme suffisante pour rejoindre la capitale. C’est chose faite en 1846. Entré dans l’atelier du peinte néoclassique Picot, il poursuit sa formation aux beaux-arts de Paris avant d’obtenir le Prix de Rome en 1850. En Italie, il côtoie Cabanel et Garnier et développe un goût prononcé pour la mythologie, l’Antiquité et les grandes compositions empreintes de lisibilité.
De retour à Paris, Bouguereau se spécialise dans la peinture d’histoire. Il reçoit rapidement de nombreuses commandes de portraits et de cycles décoratifs en tous genres. L’artiste se distingue par la finesse de son dessin, le rendu subtil des carnations et sa représentation idéalisée de la femme, de l’enfance et des thèmes religieux et mythologiques. Le tout dans une technique que l’on peut considérer comme irréprochable du point de vue des règles édictées par l’Académie.
Presque tout du long de sa carrière, il présentera chaque année ses toiles au Salon où il est reconnu comme l’un des artistes les plus officiels du Second Empire, l’Etat comme les collectionneurs se portant acquéreurs de ses œuvres. Avec l’appui du marchand et collectionneur Paul Durant-Ruel, l’art de Bouguereau s’exporte aussi outre-Manche et outre-Atlantique où le public apprécie sa touche académique, lisse et précise.
Alliant la belle manière de Raphaël à l’art moral de Greuze, Bouguereau plait à la critique mais aussi et surtout aux régimes successifs, impérial comme républicain. Sous la IIIe République, il est nommé membre de l’Académie des beaux-arts, professeur aux beaux-arts de Paris et à l’Académie Julian et Grand Officier de la Légion d’honneur. Cependant, à la fin du siècle, sa manière de peindre est largement critiquée par les avant-gardes, au premier rang desquels les impressionnistes. Conspué, Bouguereau se retranche dans un académisme forcené et une opposition farouche à toutes les tentatives de modernisation des arts. Il meurt auréolé de gloire en 1905, laissant derrière lui une œuvre prolifique et reconnue, la même année que la date reconnue par les historiens de l’art comme celle de la naissance de l’art moderne… Tombé en désuétude au XXe siècle, Bouguereau connaît depuis quelques années un regain d’intérêt dans le domaine de l’historiographie.
La recherche de l’idéal a été le but de ma vie.