Charles Garnier
Charles Garnier (1825-1898) est un architecte français du XIXe siècle. Né en 1825 à Paris, il commence des études de dessin à l’âge de treize ans. Entré à l’Ecole des beaux-arts à seulement dix-sept ans, il commence par travailler comme dessinateur dans l’atelier de Viollet-le-Duc. Prix de Rome d’architecture en 1848, il séjourne pendant cinq ans à la Villa Médicis où il puise aux sources de l’Antiquité et de la Renaissance certains des principes de son futur style.
De retour en France, Garnier occupe quelques emplois à Paris dans les mairies d’arrondissement. En 1861, à seulement trente-cinq ans, il remporte le concours de la construction du nouvel Opéra bien qu’il ne soit pas connu de la critique et qu’il compte peu de réalisations à son actif. Après l’attentat d’Orsini sur le chemin de l’ancien opéra et dans la continuité de la politique d’urbanisation du baron Haussmann, Napoléon III souhaite l’édification d’une nouvelle salle, résolument moderne, au cœur de la capitale. Pendant quatorze ans, Garnier va dédier sa carrière à ce qui sera son chef-d’œuvre. Sur le chantier, il fait appel à des amis artistes rencontrés au gré de ses passages aux beaux-arts et à Rome. Le Palais Garnier incarne à lui seul l’éclectisme du style Second Empire, mêlant opulence, symétrie classique et ornementation. L'édifice, avec son grand escalier, presque plus imposant que la salle de spectacle, son foyer somptueux et sa salle de spectacle ornée de dorures et d’un riche plafond peint, reflète le goût de l'époque pour le faste. Ainsi se veut-il un authentique édifice de la fête impériale du Second Empire. Garnier supervise chaque détail, des fresques aux lustres, faisant de l'opéra une œuvre totale et un symbole culturel en devenir. Le nouvel opéra est inauguré en 1875, sous la IIIe République, par le président Mac-Mahon. Garnier, à qui sa fidélité au Second Empire est reprochée, est contraint de payer sa place pour assister à l’inauguration.
Outre l’Opéra de Paris, on doit aussi à Garnier des salles de jeu et de concert à Nice, Monte-Carlo et Vittel ainsi que la construction de villas sur la Côte d’Azur. Son style marqué par l'éclectisme combine des éléments antiques, baroques et Renaissance, tout en intégrant des innovations techniques, comme l'usage du fer dans les structures.
Elu en 1874 à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Victor Baltard, il travaille à la fin de sa vie en collaboration avec Gustave Eiffel. On doit aussi à Garnier une activité théorique de grande importance dans l’histoire de l’architecture. Ainsi du Théâtre en 1871 et de L'Habitation humaine en 1892 où il expose ses idées sur le rôle social de l’architecture. Humaniste, Garnier croit en une architecture qui élève l'esprit et reflète l'identité d'une société. Il meurt en 1898 à Paris, laissant un legs artistique durable bien que resté à la postérité comme le père d’une seule œuvre. Le Palais Garnier attire encore aujourd’hui des millions de visiteurs chaque année, témoignant du talent d’un architecte visionnaire.